mercredi 22 octobre 2008

Joyeux Noël !

Certains s'inquiétaient peut être du manque d'activité de ce blog ces dernières semaines... Je vous rassure, votre Miss Gilet bleu n'est pas morte assassinée par ses clients ou par sa direction excédée par les attaques sur le sac à dos customisé.

L'explication à ce silence est plus simple : je m'occupe entre autres du rayon vie pratique (qui regroupe les livres sur la cuisine, la nature, le sport, les jeux, la santé et un tas d'autres trucs plus ou moins sympas). Et en ce moment, je fais face à une invasion bien connue du grand public : Noël !

« Déjà ?! Mais Noël n'est que dans deux mois ! » vous exclamez-vous devant votre écran. Oui, vous avez raison, mais il faut croire que le calendrier des éditeurs n'est pas le même que le nôtre. Pour eux, Noël commence en octobre (voire en septembre pour les plus motivés), afin que les clients aient le temps de faire du repérage avant d'acheter. Bon, là, pour le coup, ils ont du temps, beaucoup de temps... Mais n'achèteront pas plus tôt quand même. Et votre Miss Gilet bleu pique une crise de nerfs tous les matins en découvrant les piles et les piles de coffrets Noëls qui l'attendent dans l'arrivage du jour ! Comme sa collègue jeunesse, d'ailleurs, qui se retrouve avec des Tchoupi fête Noël, Petit Ours brun et le Père Noël et autres titres dans le même style le... 15 octobre !

Le problème, c'est que les livres arrivent par dizaines, mais ne se vendent pas ! Et la librairie n'étant pas extensible à l'infini, vient un moment où le Gilet bleu finit par succomber sous le poids des livres. Surtout que la mode de cette année est au coffret cadeau (livre plus gadget, dans un joli emballage), qui prend plein de place et qui sera épuisé dès sa sortie (ce qui m'oblige à en commander plein et à les stocker pour être sûre d'en avoir toujours quand Noël arrivera enfin). On en vient donc à accumuler des piles de cartons dans tous les coin, sous les tables, dans les vestiaires, en attendant que nos clients soient touchés par la fièvre de consommation annonciatrice des fêtes de fin d'année...

Mais que nos lecteurs réguliers (enfin, s'il y en a) se rassurent : j'ai vaguement réussi à émerger de mes piles de coffrets, la plus grosse vague est passée (du moins, je l'espère, sinon c'est la fin). Le blog devrait donc reprendre une activité plus régulière !


Des lecteurs mangas...

Le manga est aujourd'hui devenu un incontournable de tout rayon bandes dessinées. Les adeptes des franco-belges auront beau protester et pleurer toutes les larmes de leur corps, c'est comme ça : une bonne partie de la jeune génération a délaissé les bons vieux Astérix, Tintin, Lucky Luke et Spirou pour se consacrer aux Naruto, One Piece, Dragon Ball et autres personnages japonais.

On ne va pas se lancer maintenant dans un grand débat sur les raisons du succès du manga en France (2e plus gros consommateur mondial, tout de même) ni sur une confrontation franco-belge manga, non, ça serait trop long. Si vous êtes intéressés, passez nous voir, on pourra en discuter de vive voix.

Non, je voudrais ici vous parler d'une conséquence de cet engouement : les lecteurs mangas ! Dans le monde du Gilet bleu, situé près de deux collèges et d'un lycée, le lecteur typique de manga est un adolescent qui se déplace forcément en bande, et de façon quelque peu bruyante...

La librairie est régulièrement envahie, à la sortie des cours, par des collégiens qui se précipitent au rayon manga en piaillant. Et là, c'est l'horreur ! Et que je te sorte la moitié du rayon pour expliquer aux potes que « celui là je l'ai lu, il est super », « celui là, dans le tome 12, ils font un crossover sur telle série », « eh, c'est le nouveau de Machin, l'auteur de Rave ». Et que je harcèle Miss BD pour demander si le nouveau One Piece sort bien demain (bah, si tu le sais déjà, pourquoi poser la question?), « et le nouveau Naruto c'est pour quand?», jusqu'à ce qu'ils aient fait le tour de la bonne trentaine de séries qu'ils suivent.

Les demoiselles ne sont pas en reste, loin de là. Quand elles ne débarquent pas habillées comme leurs héroines préférées (si, si, ça nous est arrivé) elles s'attroupent en gloussant autour de la table shojo (manga à l'eau de rose pour jeunes filles). Et que je t'échange les derniers potins « tu crois que dans Hana yori Dango, Tutsuki et Tsubasa vont réussir à sortir ensemble? », « eh, t'as vu, dans Parmi eux ils se sont embrassés ! » (au tome 21 il était temps!) et autres informations primordiales à leurs yeux.

Tout ceci ne serait pas trop grave si, après leurs séances de piaillements stressantes pour les nerfs de Miss BD, ces hordes de lecteurs achetaient gentiment leurs nouveaux mangas et repartaient chez eux en serrant précieusement leurs achats. Malheureusement, une bonne partie d'entre eux n'a pas assez d'argent de poche pour cela, et squatte donc dans le magasin pendant des heures pour bouquiner. (Oh rage, oh désespoir, pourquoi n'avons nous pas une machine pour filmer les mangas?!)

Certains s'affalent dans les quelques fauteuils mis à dispositions des clients, d'autres s'allongent carrément sur les coussins dispatchés dans le rayon jeunesse et les moins rapides, quant à eux, s'installent par terre dans le rayon. Chacun a bien sûr pris sa provision de mangas (on va pas se relever tous les quarts d'heure, c'est trop fatiguant) et ne remarque absolument pas les regards assassins lancés par les Gilets bleus (ou alors ils sont très bons comédiens). Le pire, c'est quand on leur fait remarquer plus ou moins gentiment qu'on n'est pas une bibliothèque, ils nous répondent avec de grands yeux pleins de candeur « bah, si on n'a pas le droit de lire, pourquoi vous avez mis des fauteuils? ». Bel argument, qui nécessite dix bonnes minutes d'explications, pour un résultat nul : ils continuent tranquillement à lire, et les Gilets bleus excédés, finissent par aller ronchonner auprès de Miss BD (qui lutte elle même avec une furieuse envie de semer des punaises dans le rayon manga...).

Si quelqu'un a une solution contre cette invasion, nous sommes preneurs...