En ce moment, M. G. a un nouveau dada : l’inventaire. Et oui, une fois par an, il faut s’amuser à compter tous les articles du magasin, histoire de se rendre compte de la démarque et de corriger les stocks. Je vous rassure de suite, vos Gilets bleus favoris ne recensent pas tous les livres de leurs blanches mains (l’horreur) ; le capitalisme est passé par là, et nous sous-traitons donc cette tâche passionnante à une société prestataire spécialisée.
Cela présente de grands avantages, il faut l’avouer (notamment celui d’éviter de biper les quelques 40 000 livres qui peuplent le magasin). Mais l’inconvénient, c’est que la direction paye en fonction du nombre d’articles à inventorier. Et notre direction adorant faire des économies (c’est la crise, rappelez-vous) nous sommes gentiment mais fermement priés de faire des coupes franches dans le stock. Ce qui fait que M. G. nous tanne depuis déjà quelques semaines avec ses chiffres, le but étant de faire redescendre les stocks au niveau où ils étaient l’an dernier. Objectif louable en soi (cela permet de dégager les pouilles qui traînent depuis des mois en rayon et dont personne ne veut) ; mais lorsqu’il faut réduire, selon M. G., un rayon de plusieurs centaines d’ouvrages, ça se complique.
Par exemple, je devais débarrasser mon rayon bandes dessinées de 1500 ouvrages (sur un total d’environ 6500, ce n’est pas rien). Pleine d’enthousiasme, je commence donc le grand nettoyage. Adieu, séries qui ne se vendent plus, vieilles occasions qui prennent la poussière, piles de nouveautés qui n’intéressent personne… Retournez donc à l’éditeur ! (eh oui, l’avantage en librairie, c’est que l’on peut retourner les invendus à l’éditeur). Ca y est, le rayon est propre et rutile comme un sou neuf… Vive moi ! Je jette alors un regard aux statistiques de stocks et le désespoir me foudroie : reste encore 800 volumes à virer ! Argh ! Enfer et damnation ! Bon, oui, j’ai reçu des nouveautés pendant mon opération nettoyage, mais quand même ! Je fais quoi avec mes 800 livres en sur-stock ?! Le regard de M. G. commence à peser, je ne fais pas partie des bons élèves… (renseignements pris auprès des autres Gilets bleus, eux non plus à priori : un seul rayon est dans les normes, les autres galèrent comme moi).
L’angoisse s’installe. On ressort les listings recensant les stocks, on traque la moindre pile égarée, on maudit l’instant d’égarement où on a fait les pré-commandes pour les nouveautés de février mars (mais qu’est ce qu’il m’a pris d’en commander autant ?!), on guette la moindre baisse des stocks… En vain : le sur-stock est encore et toujours là ! Dans les chiffres du moins, parce que les rayons, eux, ont tendance à se vider…
Ne restent alors que deux options possibles aux yeux des Gilets bleus : soit la démarque est encore plus impressionnante que prévu (et c’est peu dire) ; soit M. G. s’est planté dans ses calculs (ce qui est possible, vu son amour pour les mathématiques)… Croisons les doigts, parce que sinon, on est mal partis…
Cela présente de grands avantages, il faut l’avouer (notamment celui d’éviter de biper les quelques 40 000 livres qui peuplent le magasin). Mais l’inconvénient, c’est que la direction paye en fonction du nombre d’articles à inventorier. Et notre direction adorant faire des économies (c’est la crise, rappelez-vous) nous sommes gentiment mais fermement priés de faire des coupes franches dans le stock. Ce qui fait que M. G. nous tanne depuis déjà quelques semaines avec ses chiffres, le but étant de faire redescendre les stocks au niveau où ils étaient l’an dernier. Objectif louable en soi (cela permet de dégager les pouilles qui traînent depuis des mois en rayon et dont personne ne veut) ; mais lorsqu’il faut réduire, selon M. G., un rayon de plusieurs centaines d’ouvrages, ça se complique.
Par exemple, je devais débarrasser mon rayon bandes dessinées de 1500 ouvrages (sur un total d’environ 6500, ce n’est pas rien). Pleine d’enthousiasme, je commence donc le grand nettoyage. Adieu, séries qui ne se vendent plus, vieilles occasions qui prennent la poussière, piles de nouveautés qui n’intéressent personne… Retournez donc à l’éditeur ! (eh oui, l’avantage en librairie, c’est que l’on peut retourner les invendus à l’éditeur). Ca y est, le rayon est propre et rutile comme un sou neuf… Vive moi ! Je jette alors un regard aux statistiques de stocks et le désespoir me foudroie : reste encore 800 volumes à virer ! Argh ! Enfer et damnation ! Bon, oui, j’ai reçu des nouveautés pendant mon opération nettoyage, mais quand même ! Je fais quoi avec mes 800 livres en sur-stock ?! Le regard de M. G. commence à peser, je ne fais pas partie des bons élèves… (renseignements pris auprès des autres Gilets bleus, eux non plus à priori : un seul rayon est dans les normes, les autres galèrent comme moi).
L’angoisse s’installe. On ressort les listings recensant les stocks, on traque la moindre pile égarée, on maudit l’instant d’égarement où on a fait les pré-commandes pour les nouveautés de février mars (mais qu’est ce qu’il m’a pris d’en commander autant ?!), on guette la moindre baisse des stocks… En vain : le sur-stock est encore et toujours là ! Dans les chiffres du moins, parce que les rayons, eux, ont tendance à se vider…
Ne restent alors que deux options possibles aux yeux des Gilets bleus : soit la démarque est encore plus impressionnante que prévu (et c’est peu dire) ; soit M. G. s’est planté dans ses calculs (ce qui est possible, vu son amour pour les mathématiques)… Croisons les doigts, parce que sinon, on est mal partis…