lundi 23 février 2009

Eh oh, eh oh, on trime tous au boulot…

En ce moment, M. G. a un nouveau dada : l’inventaire. Et oui, une fois par an, il faut s’amuser à compter tous les articles du magasin, histoire de se rendre compte de la démarque et de corriger les stocks. Je vous rassure de suite, vos Gilets bleus favoris ne recensent pas tous les livres de leurs blanches mains (l’horreur) ; le capitalisme est passé par là, et nous sous-traitons donc cette tâche passionnante à une société prestataire spécialisée.
Cela présente de grands avantages, il faut l’avouer (notamment celui d’éviter de biper les quelques 40 000 livres qui peuplent le magasin). Mais l’inconvénient, c’est que la direction paye en fonction du nombre d’articles à inventorier. Et notre direction adorant faire des économies (c’est la crise, rappelez-vous) nous sommes gentiment mais fermement priés de faire des coupes franches dans le stock. Ce qui fait que M. G. nous tanne depuis déjà quelques semaines avec ses chiffres, le but étant de faire redescendre les stocks au niveau où ils étaient l’an dernier. Objectif louable en soi (cela permet de dégager les pouilles qui traînent depuis des mois en rayon et dont personne ne veut) ; mais lorsqu’il faut réduire, selon M. G., un rayon de plusieurs centaines d’ouvrages, ça se complique.
Par exemple, je devais débarrasser mon rayon bandes dessinées de 1500 ouvrages (sur un total d’environ 6500, ce n’est pas rien). Pleine d’enthousiasme, je commence donc le grand nettoyage. Adieu, séries qui ne se vendent plus, vieilles occasions qui prennent la poussière, piles de nouveautés qui n’intéressent personne… Retournez donc à l’éditeur ! (eh oui, l’avantage en librairie, c’est que l’on peut retourner les invendus à l’éditeur). Ca y est, le rayon est propre et rutile comme un sou neuf… Vive moi ! Je jette alors un regard aux statistiques de stocks et le désespoir me foudroie : reste encore 800 volumes à virer ! Argh ! Enfer et damnation ! Bon, oui, j’ai reçu des nouveautés pendant mon opération nettoyage, mais quand même ! Je fais quoi avec mes 800 livres en sur-stock ?! Le regard de M. G. commence à peser, je ne fais pas partie des bons élèves… (renseignements pris auprès des autres Gilets bleus, eux non plus à priori : un seul rayon est dans les normes, les autres galèrent comme moi).
L’angoisse s’installe. On ressort les listings recensant les stocks, on traque la moindre pile égarée, on maudit l’instant d’égarement où on a fait les pré-commandes pour les nouveautés de février mars (mais qu’est ce qu’il m’a pris d’en commander autant ?!), on guette la moindre baisse des stocks… En vain : le sur-stock est encore et toujours là ! Dans les chiffres du moins, parce que les rayons, eux, ont tendance à se vider…
Ne restent alors que deux options possibles aux yeux des Gilets bleus : soit la démarque est encore plus impressionnante que prévu (et c’est peu dire) ; soit M. G. s’est planté dans ses calculs (ce qui est possible, vu son amour pour les mathématiques)… Croisons les doigts, parce que sinon, on est mal partis…

vendredi 6 février 2009

Vive la Saint Valentin !

S’il y a bien une fête que les libraires féminines adorent installer, c’est la Saint Valentin (leurs collègues hommes trouvant généralement ça affligeant de mièvrerie).
Les éditeurs s’en donnent en effet à cœur joie : c’est à celui qui sortira le truc le plus cul-cul ou le plus osé ! Le tout dans des tons roses qui vont du pastel au fluo, faut bien rester dans les traditions (le rouge est tout de même accepté, les éditeurs sont ouverts d’esprit).
Du coup, le coin Saint Valentin se remarque assez facilement. Surtout quand, comme nous, vous l’installez sur une table juste en face de l’entrée, surmonté de gros cœurs en carton (au risque que M.G. fasse une crise cardiaque en passant devant). Tout groupe de filles âgées de 12 à 77 ans s’arrête devant et feuillette les livres en gloussant …
Parce que la Saint Valentin, en librairie, c’est surtout :
- des trucs romantiques à l’eau de rose : les plus beaux poèmes d’amour de la littérature, les plus romantiques baisers de cinéma, les recueils « 365 idées pour dire je t’aime » et j’en passe ;
- des livres de psychologie de couple, menés par le célèbre « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus » : comment trouver l’homme idéal et le garder, comment rester amoureux, «l’Astrologie de l’Amour » (où vous apprenez que l’homme de votre vie doit être Lion et surtout pas Bélier, sauf s’il est d’un signe chinois plutôt zen, genre Coq ou Buffle) etc ;
- et surtout, des ouvrages plus coquins ! (et là, on rigole vraiment) : les traditionnels Kama-sutras ont cédé la place aux « 277 façons de rendre fou de désir un homme », à « Tout ce que vous avez toujours voulu sans jamais osé le lui demander », ou encore « Osez faire l’amour partout sauf dans un lit ».
Depuis un ou deux ans, les choses sont devenues encore plus drôles avec l’apparition des coffrets regroupant livres et sex-toys. Ca a commencé par les classiques menottes en fourrure rose, le loup sur les yeux et les dés coquins. Et on s’est ensuite retrouvés avec les plumeaux et vibromasseurs à paillettes (si, si je vous jure). Du coup, on a parfois l’impression de se retrouver dans un sex-shop plutôt que dans une librairie…

jeudi 5 février 2009

Le Loup Blanc est un fainéant

Je vous ais présenté la dernière fois Monsieur Fxxx, en vous promettant de nombreuses anecdotes sur lui. Chose promise, chose due ! Je vais commencer par vous narrer l’épisode de la commande client…

Un beau jour, Izzou faisait face à un afflux inhabituel de clients à la caisse lorsque le téléphone de l’accueil se mit à sonner.
« - Oui, c’est Monsieur Fxxx. Je vous appelle pour que vous me veniez me donner une commande qui est arrivée.
- Vous la donner ? Comment ça ?
- Bah oui, je suis installé sur le fauteuil du rayon tourisme, je suis fatigué et je ne veux pas aller jusqu’au bureau du fond.
- (Izzou, incrédule, se retourne et aperçoit effectivement Monsieur Fxxx, confortablement installé… juste en face du bureau de Germaine) Mais, Monsieur Fxxx, je suis en caisse, moi. Je ne peux pas me déplacer. Pourquoi vous ne demandez pas à ma collègue juste devant vous ?!
- Vous, je sais que vous êtes gentille. Alors qu’elle, je ne la connaît pas…(c’est une raison comme une autre, non ?) »
Sur l’insistance d’Izzou, il s’est finalement adressé à Germaine, qui lui a gentiment ramené sa commande client du fond du magasin. N’empêche que c’était la première fois qu’on nous faisait ce coup là…