Le monde du Gilet bleu a étendu ses tentacules à travers toute la France : Paris, Lyon, Montpellier, Toulouse, personne n'y échappe ! Mais, les magasins étant des structures complètement indépendants sur certains points, cela donne parfois lieu à des situations très improbables... Je voudrais ainsi vous raconter l'histoire de Monsieur Montpellier.
La scène se passe il y a quelques mois, un samedi soir, vers 19h. Un client arrive en caisse avec quelques livres, en tenant un petit garçon d'environ trois ans par la main. Izzou commence l'encaissement, tout se passe bien, jusqu'à ce que ce monsieur sorte pour régler des bons d'achats venant de notre magasin de Montpellier...
- Izzou : « Excusez moi, Monsieur, mais ces bons ne sont pas acceptés ici.
- Le client : Pardon? Il doit y avoir erreur...
- Izzou : Non, regardez, c'est bien spécifié sur vos bons « valable uniquement dans votre magasin XXX de Montpellier ». Je suis désolée, je ne peux donc pas les accepter.
- Attendez une minute. J'ai eu ces bons en vendant des livres à Montpellier lorsque j'y étais de passage. Quand on me les a donnés, j'ai demandé s'ils étaient valables partout, et on m'a répondu par l'affirmative, en me disant bien de ne pas tenir compte des indications notées sur les bons.
- Mon collègue a du faire une erreur, parce que ce n'est pas le cas.
- Vous ne voulez pas entendre raison? Très bien, appelez moi votre responsable ! »
(Je vous l'ai dit, c'est l'argument imparable, on n'y coupe jamais ! Ce qu'il faut quand même préciser à ce niveau de la conversation, c'est que le montant des fameux bons s'élevait en tout et pour tout à 9,30 euros et que ce monsieur voulait acheter pour une quarantaine d'euros).
- M. G, une fois mis au courant de la situation : « Ma collègue a tout à fait raison, Monsieur, nous ne prenons que les bons émis par notre magasin ou ceux de la maison mère.
- Le client, de plus en plus énervé : Ne vous moquez pas de moi. Que voulez-vous que je fasse de mes bons de Montpellier, alors que je n'habite pas là bas ! Vous me prenez pour un menteur, c'est ça ?! De toute façon, le responsable que j'ai vu là bas m'a dit qu'en cas de problème, il n'y avait qu'à l'appeler. Allez-y, faites-le, vous verrez que j'ai raison !
- Izzou : Excusez-moi Monsieur, mais je doute fort qu'à 19h15, un samedi soir, nous arrivions à joindre quelqu'un là bas. »
Pendant que le ton montait à la caisse, le petit garçon, lui, s'est retrouvé sans surveillance. Son père était trop occupé à traiter M. G d'escroc pour y faire attention. Or, traditionnellement, les caisses se trouvent près de la sortie, donc près de la rue. Une première fois déjà, au début de la discussion, des clients qui sortaient ont récupéré de justesse le gamin qui trottinait vers la porte. Du coup, Miss BD, occupée près de là, gardait discrètement un oeil sur lui. Un client arrive pour lui demander une information, elle le renseigne, puis tourne la tête vers l'endroit où se trouvait l'enfant une minute auparavant : personne ! En stress, Miss BD accourt, cherche aux alentours : toujours pas de pitchoune en vue. Quand soudain, elle l'aperçoit dehors, trottinant au milieu de la rue ! Ni une, ni deux, la voilà à la poursuite du gamin. Et lorsqu'en le ramenant à son père à la caisse, elle se permet de dire « Excusez-moi Monsieur, mais faites attention à votre fils, il était sorti du magasin », lui répond « Ah vous, mêlez vous de vos affaires », sans même jeter un regard à son enfant, avant de se remettre à vociférer sur M. G.
Conclusion : Miss BD a joué la nounou pendant dix bonnes minutes, le temps que monsieur s'avoue vaincu et paye ses achats en carte bleue. Certes, je comprends la colère de ce Monsieur, le Gilet Bleu de Montpellier s'étant bel et bien trompé. Mais 9,30€ valaient-ils vraiment toute cette peine? Valaient-ils le risque de perdre un fils renversé par une voiture? A vous de juger, mais je ne le pense pas...