mardi 22 décembre 2009

De l’intérêt des bonnes manières

Y’a des jours où on ferait mieux de rester coucher, moi je vous le dit ! La journée avait pourtant bien commencé, mais tout a basculé en fin de matinée…
Une petite mamie adorable vient me demander un livre de cuisine que j’étais sûre d’avoir dans le rayon. Je l’avais vu la veille encore, il n’était pas dans le journal des ventes, il était donc quelque part dans le magasin. La question était de savoir où, puisqu’il n’était plus à sa place habituelle… Alors que je retourne vérifier sur l’ordinateur les références du livre, je me fais alpaguer en route par une cliente à l’air un peu hautain qui me demande le dernier livre de Macha Méril (super référence…).
    « Désolée, Madame, je suis déjà occupée avec une cliente. Si vous voulez regardez dans le rayon savoir vivre, il est rangé là normalement. »

Je retourne voir ma petite mamie, Madame arrive trente secondes plus tard avec un « Je n’ai pas trouvé »
    «- Ecoutez, je trouve le livre de Madame, et je suis à vous. Vous avez bien regardé ?
    - Bien sûre, je ne suis pas idiote non plus ! Il va vous falloir longtemps ? Je suis pressée ! (et elle commence à tapoter le sol avec son talon aiguille, argh)
    - Petite mamie, compréhensive : Renseignez Madame, si vous voulez, j’ai tout mon temps, je vais feuilleter quelques livres en attendant… »

Bon, bah quand faut y aller….
Effectivement, pas de Macha Méril en rayon, alors qu’il y est sensé en avoir trois en stock. Ils doivent être sur table quelque part, mais après avoir inspecté chaque dessous de table deux fois, je m’avoue vaincue. Et l’attitude de ma charmante cliente, au téléphone avec une amie à qui elle explique qu’elle va « être en retard, parce que la vendeuse est une incapable qui ne trouve rien », ne m’incite pas à me décarcasser…
    « Désolée, Madame, je ne les trouve pas.
    - Mais vous en avez ?
    - En théorie, oui, mais ça doit être une erreur de stock…
    - Une erreur ? Mais c’est vous qui êtes une pauvre étudiante qui ne connaît rien. Je veux voir un responsable !
    - Vous l’avez devant vous.
    - Ca suffit, assez plaisanté. Vous, vous êtes une étudiante fauchée. Je veux le responsable, le vrai.
    - JE suis la responsable de ce rayon, désolée de vous décevoir…
    - Appelez-moi le directeur… »

Je crois qu’on n’y coupera pas… Allons voir M.G.
    « Excusez-moi de vous déranger, mais Madame veut parler au responsable du rayon pratique…
    - La cliente, excédée : Oui, cette étudiante ne trouve pas mon livre, elle n’est bonne à rien…
    - M. G. : Cette étudiante ? De qui parlez-vous ? Parce que cette jeune femme est la responsable du rayon, et elle connaît bien son travail, je n’ai pas à me plaindre… (et vlan, dans les dents !)
    - Mais elle ne trouve pas mon livre, alors que votre ordinateur dit qu’il est là.
    - Et bien, c’est une erreur de stock. C’était tout ? Bonne journée. »

Madame est repartie furieuse et les mains vides. Dommage, elle aurait bien eu besoin de perfectionner ses manières… Quoiqu’elle est peut-être trop atteinte pour être sauvée par les conseils de Macha Méril…