vendredi 26 juin 2009

Vigile contre client : le match

Vous vous souvenez sans doute du tumultueux épisode qui opposa votre Miss BD préférée à une bande de collégiens et qui se solda par un magnifique vol plané de sac à dos (sinon, n’hésitez pas à relire l’article de janvier intitulé El Diablo). M.G. m’avait alors fait comprendre qu’une telle chose ne se serait jamais produite avec un vigile habitué à gérer ces situations en gardant son sang-froid. Après les évènements d’hier, j’en suis moins sûre…
Tout commence vers 18h30. Des éclats de voix se font entendre du fonds du magasin. En tendant l’oreille, j’apprends qu’un client se rebelle contre le vigile parce qu’il en a marre d’être suivi. Le vigile a beau lui expliquer qu’il ne fait que son métier, Monsieur ne veut rien entendre et monte en pression. Evidemment, il est suivi parce qu’il est typé (j’aurais dit « légèrement bronzé » et encore…), c’est toujours pareil, c’est toujours les noirs et les arabes qui sont fliqués, jamais le brave petit blanc (le fait que notre vigile soit noir n’a pas l’air de le perturber dans son laïus) et patati et patata. Notre vigile essaie de se justifier en lui expliquant qu’il ne le suit pas à cause de sa couleur de peau, mais parce qu’il a eu un comportement suspect lors de sa dernière visite et qu’il le soupçonne d’avoir volé. Aïe, malheureux, que n’avait-il pas dit là ! Loin de se calmer, le client redouble de fureur, exige des preuves, accuse le vigile de calomnie, réclame des vidéos, hurle, s’agite tant et si bien que tout le magasin est désormais au courant et que les autres clients commencent à s’inquiéter.
Evidement, M.G. est en repos, et c’est donc son adjoint JB qui monte au front pour tenter de calmer le jeu. Echec des négociations, Monsieur s’énerve de plus en plus et finit par crier « Vous m’accusez d’avoir volé ? Ok, je vais vous montrer ce que c’est de voler ! ». Le tout en attrapant un livre au vol et en partant en trombe vers la sortie. Ni une, ni deux, le vigile part à sa poursuite, le bloque juste avant les portes, en face la caisse. La tension est palpable, le vigile interdit au client de sortir avant d’avoir payé ou reposé le livre, l’autre s’énerve et commence à insulter le vigile, puis se met à le frapper avec le livre. Erreur stratégique de sa part : un vigile n’a pas le droit de taper en premier, il ne peut que se défendre. Mais à partir du moment où c’est le client qui commence, tout peut dégénérer… Ca se bouscule, une table agenda vacille sous les attaques, les clients qui attendaient à la caisse s’éparpillent comme des moineaux apeurés… Et JB reste calme et stoïque, essayant de calmer à la fois le client et le vigile, tel un père avec ses enfants (il a beau ne pas dépasser les 1m65, mieux vaut se méfier de JB : il fait de la compet d’arts martiaux au niveau national, et je pense qu’en deux temps trois mouvements, il pourrait immobiliser les deux agités).
Pendant ce temps, Bella file discrètement appeler police secours car la situation semble difficilement contrôlable. Après un bon quart d’heure d’agitation à la caisse, rien n’a changé : le client a semblé s’être calmé à deux reprises, avant de repartir de plus belle. Vu ses yeux rouges et son comportement, je pense qu’il doit avoir pris quelque chose : le scandale dure maintenant depuis presque une demi-heure et il n’a pas l’air de s’arrêter. Mais voilà que débarquent quatre policiers, ouf, la cavalerie est là ! Les gilets bleus soufflent, tout le monde croit que c’est fini… Et raté ! Cela n’a pas l’air d’effrayer notre énergumène, qui refuse de répondre à leurs questions tant qu’ils n’ont pas écouté sa version des faits, s’énerve après eux, crie au complot, commence à les insulter (mais arrête très vite devant la tête que fait l’un d’entre eux, véritable armoire à glace), répète inlassablement les mêmes choses, s’embrouille… Enfin, bref, on n’a pas beaucoup avancé.
Les policiers pensent un moment à l’embarquer le temps qu’il se calme, mais renoncent car JB ne veut pas prendre la responsabilité de porter plainte. On veut juste qu’il sorte, même s’il ne paye pas le livre qu’il a embarqué et qui est mort dans la bataille. Lassé des pourparlers, Monsieur s’est quant à lui assis par terre devant les caisses et refuse de bouger tant que le vigile ne lui aura pas présenté ses excuses. L’heure tourne, les flics en ont marre, le soulèvent et l’entraînent dehors de force. Nouvelle agitation sur le trottoir, puis d’un coup, il se clame, redevient souriant, sert même la main aux policiers et part en sifflotant. OUF.
On l’aperçoit ensuite se soulager contre un réverbère un peu plus loin… Puis revenir vers le magasin ! Nouveau stress des Gilets bleus, le vigile tente les techniques zen, et évidemment les flics sont partis entre temps. Monsieur nous explique qu’avant d’être traité de voleur, il venait chercher un livre et voudrait donc le récupérer. Il revient à la caisse deux minutes plus tard, plus tendu : Mort à crédit, de Céline n’est pas en rayon ! Izzou le calme, lui explique que le livre doit être en commande, et lui en profite pour énerver à nouveau le vigile avec un « Bah, alors, cette fois je ne suis plus un voleur ? Vous ne me suivez plus comme un chien ? ». JB intervient poliment mais fermement, et arrive à le faire sortir avant que la situation ne dégénère à nouveau… Re-ouf !
Et trois minutes plus tard, alors que tout le monde se détend enfin, devinez qui débarque ? Force rouge, plus en forme que jamais ! Au secours !!!!

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