jeudi 7 mai 2009

Les Gilets bleus à l'Assemblée, le retour

Vous aviez quitté nos deux Gilets bleus en perdition à l’Assemblée nationale. Les voici de retour, pour le meilleur et pour le pire (surtout le pire) : après l’installation du stand, voici la Journée du livre politique proprement dite !
Cette fois, fortes de leur expérience, Izzou et Chacha n’ont eu aucun mal à accéder au stand (Chacha ayant bien pris la précaution d’enlever son déodorant de son sac pour éviter toute nouvelle alerte à la bombe). Elles avaient leur précieux badge, toutes les portes se sont ouvertes devant elles sans souci. Ouf… Leur restait maintenant à gérer le Salon, avec son lot de boulets.
Tout commence avec Boulet n°1, qui soulève chaque titre de chaque pile pour leur demander « Et celui-là, il sera en dédicace ? Et celui-là ? ». Izzou, au bord de la crise de nerfs après la 10e pile, a alors un trait de génie : le renvoyer vers le « gentil monsieur en blanc, là bas, qui travaille pour l’Agence relation presse de l’Assemblée » (vous le reconnaissez ? celui-là même qui leur avait laissé ses déchets la veille… la vengeance est un plat qui se mange froid, comme on dit).
Boulet n°2, quant à lui, a le don de poser de drôles de questions :
    « - Bonjour. Est-ce qu’on peut payer en carte bleue ?
    - Oui, pas de soucis.
    - (il repart, revient trente secondes plus tard) Et à partir de combien je peux payer en carte bleue ?
    - Il n’y a pas de minimum, Monsieur.
    - Donc, je peux payer les livres en carte bleue ?
    - Euh… oui (fait une Izzou qui commence à être déstabilisée)
    - Ah merci. (il repart, revient avec un livre) Et ce livre là, je peux le payer en carte bleue ? (là, Izzou n’a pas compris l’intérêt de la question) »

Mais il ne faut pas croire, les clients ne sont pas les seuls à pouvoir être pénibles. Il y a aussi les députés, invités à dédicacer après avoir discouru devant un public attentif dans le salon voisin. Certains jouent le jeu de bonne grâce et multiplient les poignées de main avec un grand sourire (ceux-là pensent sans doute déjà aux prochaines élections). D’autres soupirent, griffonnent trois ou quatre signatures contraints et forcés, et filent au bout de 10 minutes. Aux Gilets bleus de se dépatouiller avec les badauds, surpris :
    « - Bah, Untel, il ne devait pas dédicacer aujourd’hui à 14h ?
    - Si, mais il est déjà reparti…
    - Mais il n’est que 14h10 !! »

Sans oublier ceux qui ont pris la grosse tête et qui se prennent pour les stars du salon. Mme LeB*** en fût un très bon exemple. Elle déboule telle une furie sur le stand, se jette sur Chacha en criant au scandale : où est donc la table promise par son éditeur ?! Il avait été convenu que ses ouvrages seraient tous présents en 15 exemplaires, bien en vue des passants, et elle n’en voit aucun ! Vite, qu’on lui appelle le responsable ! Chacha, heureuse de s’en débarrasser, lui indique prestement M.G. Voilà donc Mme LeB*** qui file tel l’éclair assaillir M.G. : « C’est vous le responsable ?! Vous allez peut être pouvoir me dire pourquoi mes livres ne sont pas en piles ! Mon éditeur m’avait certifié qu’une table m’allait être réservée et je ne vois rien ! C’est scandaleux ! » M.G. la regarde alors avec un air quelque peu hautain et lui lâche, magnifiquement, un « Pardon, mais… vous êtes ? » qui la réduit instantanément au silence. Lorsqu’elle réussit enfin à articuler un mot, elle n’est plus la même : le symbole vivant de l’humilité ! Y’a pas à dire, M.G. est parfois génial et dans ces moments là, on en tombe d’admiration…

C’est sur cet éclair de génie que je conclue donc les aventures des Gilets bleus à l’Assemblée nationale. Mais n’ayez crainte : toute l’équipe sera bientôt de retour pour de nouvelles péripéties !

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