lundi 25 mai 2009

De l’avantage d’être invisible…

Je ne sais pas si c’est votre cas ou non, mais beaucoup de gens se comportent avec la caissière comme si elle n’était qu’une machine dépourvue d’intelligence. Cela se traduit généralement par le fait qu’ils continuent à discuter avec ceux qui les accompagnent, comme si de rien n’était : ils tendent leur livre, leur carte bancaire, tapent machinalement leur code, récupèrent leur sac, sans avoir croisé une seule fois le regard de la caissière. La plupart du temps, cela agace profondément ladite caissière. Mais quelques fois, cela permet d’entendre de drôles de conversations…
Tout commence avec l’arrivée en caisse d’un groupe d’étudiants masculins. L’un d’entre eux est en train de raconter sa soirée de la veille à ses copains, où il est parti d’une fête avec une jeune demoiselle… A l’entendre, Monsieur est décidément un super coup : il a fait monter la demoiselle aux rideaux ; elle a soupiré, tremblé, gémi, crié… La totale ! Regards extatiques de ses potes, Monsieur se rengorge, en rajoute une couche, il est sûr de lui, Mademoiselle va forcément le rappeler dans la journée pour le revoir, une nuit comme cela ça ne s’oublie pas. Etc, etc, le speach continue tout le temps que ces messieurs payent leurs achats. Izzou et moi échangeons un rapide regard amusé, retenant un pouffement…
Les choses auraient pu en rester là, si nous n’avions vu passer, quelques minutes plus tard, un nouveau groupe d’étudiants, composé cette fois de quelques copines… Qui parlaient elles aussi de la fameuse soirée de la veille. Là encore, l’une est en train de faire le résumé de l’after : elle est rentrée avec un gars qui s’avérait très prometteur et sa nuit a tourné au désastre. Il embrassait bien, pourtant, mais au lit… Nul. Et nul de chez nul, en plus ! Je vous passe les nombreux détails racontés à ses amies, qui lorgnent en gloussant vers le trottoir devant le magasin où ces messieurs fument nonchalamment (à priori, les deux groupes se connaissent). Mademoiselle avoue même avoir simulé, histoire d’en finir plus vite. Et là, c’en est de trop pour les pauvres Gilets bleus que nous sommes : impossible de se retenir de rire plus longtemps. Ces dames virent à l’écarlate, se souviennent tout à coup que nous sommes des être humains. Mademoiselle bafouille, mais Izzou la rassure vite en lui expliquant que nous venons de voir passer ledit Monsieur qui se vantait joyeusement. Aussitôt, toute gêne s’évapore, mesdames sont trop curieuses et veulent tout savoir…
Notre récit les a beaucoup réjouies, et je pense que les prouesses sexuelles de Monsieur vont très vite faire le tour de l’amphi ! Certes, le ridicule ne tue pas (même s’il sabote toute vie sexuelle), mais Monsieur ne regardera sans doute plus jamais une caissière de la même façon…

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