Imaginez un quartier en pleine construction dans une grande ville française...
Au milieu des grues, des tas de gravats et des baraques de chantiers (je vous fait grâce des rats et autres bestioles), vous apercevez une grande librairie, toute propre et toute neuve, qui a ouvert en toute discrétion voilà déjà un an.
Ne soyez pas timide, franchissez les portes ! Rassurez-vous, les libraires ne mordent pas et ne vous sauteront pas dessus... Regardez, ils ont l'air même plutôt sympathiques, non? Bon, certes, un peu abattus de se retrouver seuls dans cet îlot de culture perdu au milieu du néant, mais ils n'ont pas encore perdu toute trace de civilisation...
1 commentaire:
Il y a même de charmantes amazones…
Prêtes à vous darder de flèches empoisonnées.
Non ! Pas celles qui tuent… cela serait trop rapide… Trop sévère…
Juste celles qui paralysent, vous rendent d’un seul coup « figés » tels des statues de sel si vous vous êtes retournés trop vite sur cette Bible vivante digne de Sodome et Gomorrhe.
Car ce lieu est un lieu de perdition.
Si ! Si ! Je le connais… Je le fréquente.
Je m’y risque dirais-je.
Je m’y perds.
J’ose entreprendre ce que d’autres fuient : le contact.
Le plaisir de découvrir, d’apprendre. D’appréhender plutôt, donc de saisir.
Un sourire, furtif, un regard, une interrogation.
Un désir, un souhait, celui du client satisfait, de celui qui revient ou reviendra.
Car je vous l’assure, ces « personnes » sont des êtres humains.
On, les regarde, on les admire.
Elles peuvent s’amadouer, fondre, sur une belle phrase, une pensée, une question intelligente…
Elles peuvent mordre, avoir de la haine, tout en retenue, métier oblige.
Penser un seul instant, furtivement, à détruire, liquéfier, vampiriser, atomiser, le rebelle, le narquois, le sadique, l’inconscient, lançant barbarisme et inconsistance.
Venez ! Venez les découvrir… Où ?
Derrière la baraque de chantier !
Quelque part où « Fluctuat nec mergitur ».
Chut ! J’en ai trop dit déjà.
Une armée de schtroumpfettes va venir m’empaler sur l’autel de l’écrit et du savoir.
Ces idolâtres danseront ensuite sur mon corps torturé !
Laissez faire votre instinct. Cherchez !
« Elles » se méritent.
Elles ont même du charme, et un étrange pouvoir de séduction.
Ne vous y trompez pas cependant : cela se mérite.
Tout se conquiert, s’apprivoise, mais reste fragile.
Entre nous : le plus beau n’est-il pas de se perdre dans un rêve ?
Little Nemo in Jiberland
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